Projets de recherche

 

_ Le laboratoire des intuitions

Après avoir mis en perspective la notion d’expérimentation en art (avec le L.A.C – Laboratoire Archives Concept 2005-2009), puis la notion de format (avec le L.A.A.C – Laboratoire Actes Archives Concept 2009-2013), l’ESAAA a souhaité développer une nouvelle session de recherche, en introduisant, pour ce troisième volet, la notion d’intuition, non pas pour définir celle-ci dans la complexité des champs de l’art, mais pour s’en servir comme outil ou levier afin d’activer les rapports (ou apports) sans cesse renouvelés du couple théorie-pratique.

Le laboratoire des intuitions est donc une plateforme pluridimensionnelle, constituée d’artistes et de théoriciens évoluant dans de nombreux champs d’expérimentations et de connaissances, susceptibles de construire des liens dynamiques entre les formes de pensée  ; à travers l’art, la philosophie, la sémiologie, les mathématiques, la physique, etc. L’ensemble de ces systèmes d’analyses et de projections partage l’exercice de la représentation visuelle des mondes visibles et invisibles, de la complexité du voir surgit l’invention  : des dessins, des notes, des partitions et des diagrammes.

Coordination du Laboratoire : Thierry Mouillé, artiste, David Zerbib, philosophe, enseignants chercheurs à l’ESAAA

 

_ Film Folk Archives Web

Folk Film Archive Web (FFAW) est une entreprise de collecte de films « folk » visant à créer une cinémathèque 2.0., puis mettre en place une matrice à question inscrite dans le champs de l’art contemporain. En effet, une fois le fonds d’archive constitué et rendu disponible sur internet, il sera livré à la fois aux artistes et à la recherche scientifique, à l’examen anthropologique, à l’analyse cinématographique et plus largement à l’étude culturelle et politique.

FFAW ambitionne donc d’être davantage qu’une collecte de données de la culture populaire comme le fit en Angleterre l’anthropologue Tom Harrisson en 1937 (avec Mass-Observation) ou plus proche de nous l’artiste Jeremy Deller qui a voulu rassembler tous les objets et les images qui représentaient à ses yeux une version non-officielle de la Grande-Bretagne. FFAW est une extension de ces démarches conjuguées dans le domaine des nouveaux médias, et qui vise à développer d’un même mouvement un regard d’observation scientifique et artistique.

Coordination du Laboratoire : Jean-Marc Chapoulie, artiste, enseignant chercheur à l’ESAAA

 

_ Bangalore – pour l’invention d’un tiers patrimoine

« Bangalore est un lieu d’ajustement de deux héritages culturels urbains : la modernité qui se matérialise dans les aménagements liés à l’impact de l’économie mondiale, et la tradition, qui se manifeste dans le maintien et l’expansion d’activités traditionnelles, manuelles, insérées dans de micro-économies locales.

Entre ces deux pôles se construit l’atmosphère particulière de l’espace public bangalorien, et dans cet écart semble aujourd’hui être généré un entre-deux spécifique – un tiers patrimoine que nous souhaiterions littéralement « inventer ».

Pour réaliser cette « invention » l’ESAAA propose de travailler avec la Srishti School of Art Design and Technology, institution d’enseignement supérieur de la ville de Bangalore. Il s’agit de produire ensemble un dispositif de création de situations esthétiques, dispositif qui ajouterait aux écarts constitutifs de la condition urbaine de Bangalore, d’autres écarts : sociaux, culturels et historiques. En effet, le projet « Bangalore » fait l’hypothèse que c’est dans ce jeu des écarts que s’invente un Tiers Patrimoine toujours instable : non pas un objet historique à figer, mais la valeur d’une question à travailler, un commun hybride toujours en construction dès lors que sont réunies des conditions d’écarts, de différence et de coordonnées particulières. »

Coordination du laboratoire : Naïm Aït Sidhoum, architecte et producteur, enseignant chercheur à l’ESAAA