Laure Claverie Baudrillier
DNA Design, 2023 - 2024
- Félicitations du jury
« Dans mon travail et dans ma vie quotidienne, mes réflexions sont nourries de questionnements tout autant artistiques qu’architecturaux, sociétaux et industriels dans le cadre d’une démarche transdisciplinaire.
J’accorde une attention particulière au rapport entre l’humain et son environnement urbain, j’observe leurs interactions qui ensuite feront évoluer mes projets.
Durant mes trois années à l’ESAAA, j’ai par exemple mis à disposition certains de mes travaux, comme des assises modulables, pour voir comment les autres se les appropriaient et les utilisaient. Cela m’a permis d’améliorer certaines pièces et de voir si le lieu dans lequel je les avais installées était approprié.
Phénomène de confrontation entre l’usager, l’objet et le lieu.
D’après Erwan Bouroullec : ‘’L’un des défis du design est de fournir ce dont les gens ont besoin, mais pas de manière directe, nous ne faisons que le suggérer’’. J’ajouterais que le design fait évoluer les gens, et les gens font évoluer le design.
Dans mes installations, je convoque le désir sportif, je mets souvent mon corps à l’épreuve ; tout ça est fortement lié à l’hygiène corporelle. Je l’ai d’ailleurs exprimé pendant mon DNA en utilisant ma réglette d’escalade.
Je me rends compte que notre façon de vivre est intimement liée à l’architecture et au design, ces disciplines ont un effet sur nous, qu’on le veuille ou non, il vaut donc mieux qu’elles soient bien pensées, comme le disait André Wogenscky (1916-2004) et Louis Miquel (1913-1986), architectes de la MJC d’Annecy construite entre 1962 et 1975, devenue aujourd’hui l’ESAAA.
Pour mon diplôme, j’ai voulu jouer avec l’architecture de l’école : le béton qui ramène au brutalisme, les perspectives créées dans l’espace, les différents points de vue dans l’école et une déambulation dynamique grâce aux rampes.
L’installation est organisée en plusieurs lieux de vie, comme la chambre, des salons, un espace de sport…
Parallèlement, je me suis intéressée au minimalisme. Je me questionne sur mes besoins pour vivre plus simplement, j’essaie d’inventorier ce qui m’est juste nécessaire. Je pense que le vide aide à mieux se connaitre et à enrichir sa pensée. Ce n’est pas toujours facile de lui laisser de la place, mais comme le rappelle Charlotte Perriand : ‘’Le vide est tout puissant, parce qu’il peut tout contenir‘’.»
Images :
1. Assises modulables
2. Coin chambre, plateau ordi’
3. Coin tranquille, en face du lac
4. Instant « Charlotte Perriand » (avec réglette d’escalade)
5. Mini-bibliothèque
6. Tables et serre-joints
7. Vue dans la rampe
Crédits photo : Laure Claverie Baudrillier et Philippe Thaize