Arthaud Pujda
DNA Design, 2024 - 2025
- Mention
« Mon travail explore la frontière entre le réel et le numérique. Je pars d’objets, de paysages ou d’architectures que je capture par le scan 3D, la photo ou la vidéo. Ces données deviennent une matière première que je transforme numériquement. Je vois les bugs, les interruptions, les déformations non pas comme des erreurs, mais comme des formes riches de sens.
Je m’intéresse à ce qui survient quand le code s’arrête, quand l’algorithme se dérègle, quand la réalité vacille dans l’espace digital. Ces instabilités dévoilent la structure du système, rendent visibles les mécanismes cachés derrière les interfaces. Il y a là une tension entre la fluidité apparente des images et la rigidité des protocoles qui les produisent.
Mon approche vient d’une fascination pour les ordinateurs et les logiques du code. Je cherche à comprendre les systèmes pour mieux les détourner, les faire dérailler ou parler autrement. Chaque image, chaque objet deviennent pour moi un fragment de programme, à la croisée du langage informatique et de la perception humaine.
Je travaille aussi sur la fusion des formes : des objets hybrides issus de contextes opposés, qui mélangent architecture et nature, organique et technologique, réel et généré. Ce sont des volumes en mutation, des assemblages instables.
Mon travail se situe entre expérimentation visuelle et réflexion technique. J’essaie de rendre sensibles les logiques invisibles du numérique, et de questionner la manière dont on perçoit et manipule le monde à travers les systèmes et les écrans. »
Vidéographie :
Arthaud Pujda, « Keyboard Rubik’s Cube » ; œuvre présentée pour le DNA Design, 2025
Crédits photo : Arthaud Pujda, Christophe Odon, Philippe Thaize / Post-traitement : Mélanie Remaud