Recherche : Événement « Re/Generative Performance »

le jeudi – 15h-19h
Bonlieu Scène Nationale, Salle de création : 1 rue Jean Jaurès 74007 Annecy



  • Cet événement a été rendu possible grâce à un partenariat entre l’ESAAA et Bonlieu Scène Nationale.

Re/Generative Performance est l’événement de restitution du programme de recherche « Re/Generative Performance – somapolitique du commun », porté par l’ESAAA et ses partenaires entre 2024 et 2026.


Argument 


Re/generative Performance est l’aventure d’une question : celle de savoir comment la performance peut contribuer à une « somapolitique du commun ». On parle de somapolitique – autrement dit, d’une politique qui passe par l’expérience somatique, celle du corps sensible et situé, qui se réfléchit dans l’espace, dans le rapport aux autres et aux choses ; mais aussi de l’expérience du corps assigné qui circule entre les représentations, les injonctions, les codes et les écrans. Pourquoi est-ce politique ? Parce que cela regarde le régime des présences, la mesure des distances, les possibles qui s’ouvrent ou se ferment selon les pouvoirs et les contrôles qui s’exercent sur et à travers les corps. Et parce que l’identité, individuelle ou collective, se construit dans ce régime des présences, et dans les dynamiques sensibles qu’il active. Or, quand tout concourt à isoler, confiner, empêcher, inquiéter, désespérer, et que les grandes utopies semblent des maquettes abandonnées, il faut explorer, ici et maintenant, à l’échelle 1/1 des vivants, les conditions de régénération du commun, qui sont aussi celles du possible.

Traversant deux années d’expérimentations avec des artistes et de chercheur·x·ses, le groupe de l’Atelier de Recherche et Création « Performance » de l’ESAAA présente, à travers un singulier rapport de recherche « performé », le fruit de cette aventure. Celle-ci passe par plusieurs étapes :

  • la confrontation avec une mémoire décomposée dans l’espace latent des data, où du sens se reconstruit d’une génération à l’autre en dépit du formatage de la générativité computationnelle ;
  • l’invention collective d’une grammaire de gestes fondée sur le rapport corps / objet / espace ;
  • ou encore la capacité d’un collectif à « porter la voix » de ses membres.

Avec la participation de : Julie Andrée T., Stéphane Blumer, André Fortino, David-Olivier Lartigaud, Kush Patel, Mamta Sagar, Biño Saiutzvy, Karoline Straczek,
et les étudiant·x·es de l’ARC « Performance » de l’ESAAA.


PROGRAMME
23.04.2026, Bonlieu Scène Nationale – Salle de création 


  • 15h : Table ronde
  • 17h : Performance
  • 19h : Pot convivial

Intervenant·x·es


Julie Andrée T

Artiste chercheuse, Julie Andrée T. situe le corps et l’espace au cœur de son travail. Comme une utopie, le corps est ce lieu où se perdent et se reconstituent les identités, et pour cette raison il est à ses yeux le seul médium qui permet de fonder un langage commun permettant de comprendre ce que nous faisons et ce que nous sommes. Ses installations et ses performances ont été montrées au Canada, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe. Elle a collaboré avec de nombreux artistes chorégraphes, comme Benoît Lachambre ou Xavier Leroy. Intéressée par la question du collectif et de l’auto-organisation du travail de l’art, elle a été co-directrice artistique du collectif PONI à Bruxelles et membre du comité d’Inter/Lieu, centre d’art auto-géré consacré à la performance dans la ville de Québec. Elle a également collaboré intensivement au sein du célèbre groupe d’art-performance Black Market International.

Membre du groupe de recherche CÉLAT, Julie Andrée T est également Doctorante en Études et Pratiques des arts à l’UQAM (Université du Québec à Montréal, Canada).


Stéphane Blumer

Stéphane Blumer a étudié à la HEAD à Genève et à Goldsmiths College à Londres et a conclu un doctorat en Anthropologie sociale à l’EHESS de Paris, en 2023. Actuellement chercheur associé au sein du Laboratoire d’Anthropologie Politique à l’EHESS, Il enseigne les arts plastiques à des classes non-francophones et de requérants d’asile politique au DIP à Genève. Il a donné des cours de sociologie et d’anthropologie à l’Université de Paris Nanterre entre 2016 et 2020.
Combinant une recherche en sciences sociales et une pratique artistique pluridisciplinaire, son travail examine les impacts du management et les formes de gouvernance dans la société. Ses investigations ont été présentées dans des musées, des centres d’art contemporain, des galeries d’art, des foires et des espaces alternatifs et publics notamment au Royaume-Uni, en Suisse, au Portugal, en Italie, en France, en Allemagne, au Canada et en Chine.


André Fortino

Artiste-chercheur et performeur, André Fortino mène une recherche entre l’Université du Québec à Montréal (laboratoire de Matthieu Boisvert) et l’EHESS à Paris (Labo CESAH avec Matthieu Claveyrolas). Son travail de recherche s’intitule : Engager le souffle. Émancipation en performance du Theyyam au Black Bloc.

Sa pratique artistique traverse de nombreux médiums : réalisation de vidéos et films, performance, peintures, dessins, sculptures et installations. En France son travail a été montré, notamment, dans l’exposition « Rendez-vous », en 2012 à l’Institut d’Art Contemporain pendant la Biennale de Lyon et, à l’international, dans l’exposition solo « Hôtel Formes Sauvages » à la fonderie Darling à Montréal en 2015. Plus récemment, il a réalisé une exposition personnelle au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et une performance pour le festival ACTORAL à Marseille en octobre 2019.

André Fortino est diplômé de l’ESAAA (DNSEP 2008) et a participé à la première promotion du DSRA (2015).


David-Olivier Lartigaud

Chercheur, commissaire et praticien, David-Olivier Lartigaud est professeur à l’ESAD Saint-Étienne et à l’Ensba Lyon où il assure la direction de l’Unité de Recherche Numérique en Art & Design commune aux deux écoles (UR Numérique ESADSE / Ensba Lyon). Il est docteur en Art et Sciences de l’Art (Esthétique) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Son activité curatoriale compte diverses expositions dont « Space Cheap » (2019) au Shadok à Strasbourg, « A-T-T-E-N-T-I-O-N » en co-commissariat avec Samuel Vermeil (2015) et avec François Brument « Singularité » (2013) à la Biennale Internationale de Design Saint-Étienne ainsi que « NET SOUNDS » en co-commissariat avec James Giroudon au Réfectoire des Nonnes de l’Ensba Lyon (2018).


Mamta Sagar

Mamta Sagar enseigne dans le programme de pratique de l’art contemporain (CAP) au Srishti Manipal Institute of Art, Design and Technology, à Bangalore (Inde). Mamta est poétesse, écrivaine, universitaire et traductrice. Elle est l’autrice de quatre recueils de poésie, de quatre pièces de théâtre, d’une anthologie de chroniques ainsi que d’un recueil d’essais critiques.

Sa traduction Beyond Barriers: Slovenian-Kannada Literature Interactions (Centre for Slovenian Literature, Ljubljana, 2011) est largement reconnue, et sa traduction en kannada du roman d’Elif Shafak (Preetiya Nalavattu NiyamagaLu, 2017) a reçu le prix de traduction Bhasha Bharathi.

Elle a participé à de nombreux projets internationaux de traduction poétique, a conçu une installation mêlant art et poésie exposée au Piccolo Museo della Poesia, en Italie (2020), et a dirigé un projet d’un an de l’IFA (2022–2023) documentant Bengaluru à travers la poésie. Plus récemment, elle a reçu le World Literary Prize (2024).

Depuis 2013, elle organise également Kaavya Sanje, une plateforme communautaire dédiée à la poésie.


Biño Saiutzvy

Performer, metteur en scène, chorégraphe et chercheur brésilien, Biño Saiutzvy est diplômé en Mise en Scène à l’Université Fédérale de Porto Alegre, Brésil. Il a commencé son parcours comme acteur en 1994 à Porto Alegre où il a participé à plusieurs groupes et compagnies. En tant qu’acteur, il a joué au théâtre et au cinéma. Sa formation lui a permis d’étudier et de développer différentes techniques : théâtre de rue, performance, théâtre rituel, danse-théâtre, danse contemporaine, acrobatie, mime, clown, échasses, butoh, danse classique. En tant que metteur en scène, il a dirigé le Groupe Sotão pendant cinq ans. À Paris depuis 2003, sa recherche porte sur la performance liée au théâtre physique et gestuel, à la danse, à l’acrobatie aérienne, au buto. Il a soutenu une thèse de doctorat à l’Université de Paris 8 dont le titre est La mise en scène de la mythologie personnelle du performer. Quelques repères pour la construction d’une performance autobiographique. Il crée Le Collectif des Yeux en 2005 avec d’autres artistes venu·x·es des arts plastiques, de la danse, du théâtre, du cinéma et de la musique.


Karoline Straczek

Karoline Straczek est artiste, performeuse et poétesse. Formée à Marseille, à Cracovie et à Genève, elle poursuit aujourd’hui un DSRA à l’ESAAA. Sa recherche place l’odorat au centre d’une réflexion politique et sociale. À travers la Société POTOP, pensée comme une œuvre totale et expérimentale, elle réinvente la place de l’art dans nos environnements culturels et écologiques.


Kush Patel

Dr Kush Patel (iel) dirige le Master en pratique de l’art contemporain (MA Contemporary Art Practice) au Srishti Manipal Institute of Art, Design and Technology, à Bangalore (Inde), où iel coordonne également le Just Futures Co-lab et supervise l’ensemble du programme de master.

Iel est membre du collectif éditorial du Journal of Interactive Technology and Pedagogy (JITP) ; responsable éditorial·x des thématiques liées aux pédagogies de justice sociale pour la revue Reviews in DH et son registre de projets ; et membre fondateur·x du Pedagogy of the Digitally Oppressed Collective.


Re/generative Performance – somapolitique du commun


Re/generative Performance – somapolitique du commun est un projet de recherche lancé en 2024 pour deux années, par la question suivante : comment les pratiques de performance collective peuvent-elles donner à repenser et régénérer les conditions esthétiques et politiques du commun ?

Son terrain d’investigation se situe au carrefour des arts visuels et des arts vivants, là où la performance donne à percevoir les dimensions gestuelles et somatiques de l’agir collectif. C’est le lieu d’une interrogation sur la somapolitique du commun dans la performance collective.

Deux axes thématiques structurent ce programme : d’une part le problème technologique qui dissocie corps et présence, mais aussi corps et intelligence à travers les progrès de l’Intelligence Artificielle ; d’autre part le problème écologique qui oblige à redéfinir les frontières du corps et ses relations à la vie et à la matérialité non humaine.

Pour affronter ces problèmes, seront produites des expérimentations artistiques visant en particulier à éprouver les limites de l’IA générative dans des formats de scripts de performances collectives, ou à explorer les décentrements régénératifs suscités par la perspective écoféministe.

Les expérimentations et la réflexion théorique menées s’appuient sur des partenariats solides avec Bonlieu Scène Nationale à Annecy, ainsi qu’avec Le Générateur à Gentilly, l’ABAQ en Italie et l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


Le programme de recherche « Re/Generative Performance – somapolitique du commun » bénéficie du soutien du dispositif Radar du ministère de la Culture.


Photo : David Zerbib


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