Hânter – formes situées et capturées / Workshop 333 pour les étudiant∙x∙es en 3e année Art à Lyon
du lundi
au samedi
Factatory – 334 avenue Jean Jaurès, 69007 Lyon
- Ce format pédagogique est proposé aux étudiant·x·es de l’ESAAA grâce à une collaboration avec la Factatory (Lyon).
Adressé à un groupe d’étudiant·x·es en 3e année Art à l’ESAAA, ce workshop propose de développer une pratique expérimentale située, au sein d’une maison abandonnée depuis plusieurs décennies, envisagée comme un espace de production, d’observation et de projection, en compagnie de l’enseignant-artiste Matthieu Clainchard et de l’artiste Simon Feydieu. En s’imprégnant du site, de son histoire, de ses volumes et de ses usages passés, les participant·x·es sont invité·x·es à produire des formes libres à partir des matériaux disponibles sur place, ainsi que des machines et des outils mis à disposition dans le cadre de la résidence Factatory.
Le workshop « Hânter – formes situées et capturées »
Tous les médias sont accueillis (peinture, dessin, sculpture, photographie, installation, performance…), à condition que les formes produites soient inscrites dans le lieu lors de leur captation et / ou de leur activation par le film. Le workshop aboutit à la réalisation d’un film collectif, conçu comme un montage de situations, de gestes et de formes, plutôt que comme un simple document.
Le projet s’inspire du film Dreams That Money Can Buy (Hans Richter, 1947), œuvre fondatrice du cinéma surréaliste et expérimental, construite comme une succession de séquences oniriques réalisées par différents artistes modernistes (Max Ernst, Marcel Duchamp, Man Ray, Alexander Calder, Fernand Léger…). Le workshop dialogue également avec le cinéma de Maya Deren, et plus particulièrement avec Witch’s Cradle (réalisé avec Marcel Duchamp), pour sa manière d’articuler espace, corps, rituel et montage.
Des extraits de ces films, entre autres, sont ponctuellement visionnés tout au long de la semaine. Ces projections donnent lieu à des temps d’échange collectifs, ainsi qu’à des lectures de textes proposées par les étudiant·x·es. L’ensemble nourrit les réflexions plastiques, filmiques et curatoriales, et rythme le déroulement du workshop.
La problématique centrale du workshop est la suivante : en quoi le film permet-il de compléter, d’étendre ou de transformer une forme plastique ?
Le montage est abordé comme un geste fondamental de sélection, d’agencement et de mise en relation : choisir ce qui est montré ou non, organiser le temps, déterminer un point de vue, une lumière, un rythme, et interroger ainsi les liens entre exposition et film, entre espace réel et espace projeté.
Simon Feydieu – biographie
« Simon Feydieu sort ces sculptures-créatures de l’atelier pour les exposer : les voir au soleil et en plein air. Il les photographie, et les démonte ensuite, parfois dans la journée. Elles sont souvent fragiles, plâtre ou OSB, impressions laser sommairement vernissées. Elles paraissent branlantes : les compositions jouant de l’instabilité, du manque d’épaisseur, de l’absence de volume. Il y a une économie de forme, mais pas du temps passé à les construire, les transporter, les installer. Il ne semble pas se soucier de leur pérennité, mais du brusque moment que ces œuvres incarnent au sortir de l’atelier. […]
Sa pratique est souple, protéiforme, à la fois nonchalante et pragmatique. À partir du vocabulaire de la fabrication, il crée une œuvre aussi archaïque qu’inédite. […] L’artiste cultive à l’atelier un capharnaüm dont les œuvres doivent s’extirper pour être visibles. Amas de matières et de formes, un tel bordel est intime. […]
Grâce à sa pratique d’atelier, le temps de la vie est allongé, redoublé, enregistré. C’est comme si ce qui se passait à cet endroit appartenait à une dimension supplémentaire du réel. » (Extrait du texte d’Amélie Lucas-Gary, 2024)
Les workshops 333
Destinés aux étudiant·x·es en 3e année Art à l’ESAAA, les workshops 333 leur permettent de choisir entre trois contextes et temps de travail hors Annecy, en compagnie d’un·x·e invité·x·e et d’un·x·e enseignant·x·e de l’ESAAA.
Ces workshops d’une semaine se concluent par la restitution publique des travaux réalisés. Ils visent à mettre en lien de façon active des étudiant·x·es et des artistes s’inscrivant dans des réseaux de production et de diffusion variés, à les impliquer dans une démarche collective et relativement autonome, à organiser un événement avec un budget restreint permettant d’envisager d’autres possibles.
- Les contextes de travail en 2025-2026 : Cobble (ateliers d’artistes et de régie à Angoulême), Relief (espace d’art à Cluses) et Factatory (résidences d’artistes à Lyon).
Image : Julia Grazzini – « AU DEBUT IL N’Y A PAS RIEN » Installation vidéo, paréo, tv cathodique. « AU DEBUT IL Y A RIEN », vidéo, 4’17’’. « DÂme au Parasol », vidéo, 2’12’’. Œuvre présentée pendant la soutenance de son DNSEP Art, juin 2025 / Crédits photo : Philippe Thaize