ARC Performance : Workshop « Re/Generative Performance »

du lundi au jeudi
ESAAA : 50, 52, 52 bis, rue des Marquisats, 74000 Annecy


  • Ce format pédagogique est proposé aux étudiant·x·es de l’ESAAA grâce à un partenariat avec Bonlieu Scène Nationale.

Pendant ce deuxième workshop avec l’artiste André Fortino, les étudiant·x·es inscrit·x·es à l’Atelier de Recherche et de Création – ARC Performance préparent l’événement de restitution du programme de recherche Re/Generative Performance – somapolitique du commun du 23.04.2026. Le groupe bénéficie également des interventions préparatoires des artistes et chercheur·x·ses Julie Andrée T, David-Olivier Lartigaud et Biño Saiutsvy.


Biographies des intervenant·x·es


Julie Andrée T
Artiste chercheuse, Julie Andrée T. situe le corps et l’espace au cœur de son travail. Comme une utopie, le corps est ce lieu où se perdent et se reconstituent les identités, et pour cette raison il est à ses yeux le seul médium qui permet de fonder un langage commun permettant de comprendre ce que nous faisons et ce que nous sommes. Ses installations et ses performances ont été montrées au Canada, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Asie et en Europe. Elle a collaboré avec de nombreux artistes chorégraphes, comme Benoît Lachambre ou Xavier Leroy. Intéressée par la question du collectif et de l’auto-organisation du travail de l’art, elle a été co-directrice artistique du collectif PONI à Bruxelles et membre du comité d’Inter/Lieu, centre d’art auto-géré consacré à la performance dans la ville de Québec. Elle a également collaboré intensivement au sein du célèbre groupe d’art-performance Black Market International.
Membre du groupe de recherche CÉLAT, Julie Andrée T est également Doctorante en Études et Pratiques des arts à l’UQAM (Université du Québec à Montréal, Canada).

André Fortino
Artiste-chercheur et performeur, André Fortino mène une recherche entre l’Université du Québec à Montréal (laboratoire de Matthieu Boisvert) et l’EHESS à Paris (Labo CESAH avec Matthieu Claveyrolas). Son travail de recherche s’intitule : Engager le souffle. Émancipation en performance du Theyyam au Black Bloc.
Sa pratique artistique traverse de nombreux médiums : réalisation de vidéos et films, performance, peintures, dessins, sculptures et installations. En France son travail a été montré, notamment, dans l’exposition « Rendez-vous », en 2012 à l’Institut d’Art Contemporain pendant la Biennale de Lyon et, à l’international, dans l’exposition solo « Hôtel Formes Sauvages » à la fonderie Darling à Montréal en 2015. Plus récemment, il a réalisé une exposition personnelle au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur et une performance pour le festival ACTORAL à Marseille en octobre 2019.
André Fortino est diplômé de l’ESAAA (DNSEP 2008) et a participé à la première promotion du DSRA (2015).

David-Olivier Lartigaud
Chercheur, commissaire et praticien, David-Olivier Lartigaud est professeur à l’ESAD Saint-Étienne et à l’Ensba Lyon où il assure la direction de l’Unité de Recherche Numérique en Art & Design commune aux deux écoles (UR Numérique ESADSE / Ensba Lyon). Il est docteur en Art et Sciences de l’Art (Esthétique) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Son activité curatoriale compte diverses expositions dont « Space Cheap » (2019) au Shadok à Strasbourg, « A-T-T-E-N-T-I-O-N » en co-commissariat avec Samuel Vermeil (2015) et avec François Brument « Singularité » (2013) à la Biennale Internationale de Design Saint-Étienne ainsi que « NET SOUNDS » en co-commissariat avec James Giroudon au Réfectoire des Nonnes de l’Ensba Lyon (2018).

Biño Saiutzvy
Performer, metteur en scène, chorégraphe et chercheur brésilien, Biño Saiutzvy est diplômé en Mise en Scène à l’Université Fédérale de Porto Alegre, Brésil. Il a commencé son parcours comme acteur en 1994 à Porto Alegre où il a participé à plusieurs groupes et compagnies. En tant qu’acteur, il a joué au théâtre et au cinéma. Sa formation lui a permis d’étudier et de développer différentes techniques : théâtre de rue, performance, théâtre rituel, danse-théâtre, danse contemporaine, acrobatie, mime, clown, échasses, butoh, danse classique. En tant que metteur en scène, il a dirigé le Groupe Sotão pendant cinq ans. À Paris depuis 2003, sa recherche porte sur la performance liée au théâtre physique et gestuel, à la danse, à l’acrobatie aérienne, au buto. Il a soutenu une thèse de doctorat à l’Université de Paris 8 dont le titre est La mise en scène de la mythologie personnelle du performer. Quelques repères pour la construction d’une performance autobiographique. Il crée Le Collectif des Yeux en 2005 avec d’autres artistes venu·x·es des arts plastiques, de la danse, du théâtre, du cinéma et de la musique.


Re/generative Performance – somapolitique du commun


Re/Generative Performance – somapolitique du commun est un projet de recherche lancé en 2024 pour deux années, par la question suivante : comment les pratiques de performance collective peuvent-elles donner à repenser et régénérer les conditions esthétiques et politiques du commun ?

Son terrain d’investigation se situe au carrefour des arts visuels et des arts vivants, là où la performance donne à percevoir les dimensions gestuelles et somatiques de l’agir collectif. C’est le lieu d’une interrogation sur la somapolitique du commun dans la performance collective.

Deux axes thématiques structurent ce programme : d’une part le problème technologique qui dissocie corps et présence, mais aussi corps et intelligence à travers les progrès de l’Intelligence Artificielle ; d’autre part le problème écologique qui oblige à redéfinir les frontières du corps et ses relations à la vie et à la matérialité non humaine.

Pour affronter ces problèmes, seront produites des expérimentations artistiques visant en particulier à éprouver les limites de l’IA générative dans des formats de scripts de performances collectives, ou à explorer les décentrements régénératifs suscités par la perspective écoféministe.

Les expérimentations et la réflexion théorique menées s’appuient sur des partenariats solides avec Bonlieu Scène Nationale à Annecy, ainsi qu’avec Le Générateur à Gentilly, l’ABAQ en Italie et l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


L’ARC Performance


Alliant la théorie à la pratique, les ARC (Ateliers de recherche et de création) sont des capsules d’enseignements transversaux et communes aux sections art et design. Ils constituent également pour les étudiant∙x∙es une première approche de la recherche en art et en design telle que pensée à l’ESAAA.

L’ARC Performance vise à questionner et expérimenter les pratiques de performance au croisement du champ des arts visuels et des arts vivants. En compagnie d’artistes invité·x∙es, les étudiant·x∙es explorent un aspect particulier des pratiques pouvant être qualifiées de performance en un sens large. Il est question de comprendre les manières d’être présent∙x∙e, d’engager le corps, de produire une scène, d’activer une situation, de faire circuler l’attention et la relation, de travailler l’expressivité ou la dimension mécanique d’un geste, afin d’observer comment, dans chaque cas, se produisent des transformations de la situation.

  • En 2025-2026, l’ARC Performance est coordonné par Maurice Broizat et David Zerbib.

Le programme de recherche « Re/Generative Performance – somapolitique du commun » bénéficie du soutien du dispositif Radar du ministère de la Culture.


Photo : David Zerbib