Claire Scheibel
DNSEP Design, 2025 - 2026
- Mention
« Cette année, je me suis questionnée sur mon absence de désir envers une production artistique, qu’elle soit plastique, visuelle, performative… malgré une injonction à créer qui peut exister en école d’art.
Mon mémoire a représenté l’opportunité d’interroger la nécessité de créer et de découvrir ce qui pousse chacun·x·e à créer en allant questionner des créateur·x·ices et à récolter diverses perspectives. Il prend la forme d’une enquête de terrain réalisée auprès des étudiant·x·es, ancien·x·nes étudiant·x·es et travailleur·x·euses de l’ESAAA et interroge :
1. Qu’est-ce qui motive la création artistique ?
2. Qu’est-ce que cela convoque en chacun·x·e de nous ?
3. Qu’est-ce qui nous pousse à produire et à fabriquer des formes ? Qu’est-ce que cela implique ?
4. Où se situent le désir, le besoin, la nécessité aussi bien que le devoir, l’obligation ou l’injonction de produire des formes ?
5. Comment peut-on rendre compte de la création autrement que par la production de formes ?
6. Comment l’enseignement en école d’art (et les modalités d’évaluation) impacte-t-il nos manières de créer ?
Ces questionnements sur l’absence de désir envers une production artistique ont émergé au fil de mon parcours pendant ces cinq années à l’ESAAA. En licence art, j’ai expérimenté des pratiques plurielles : la peinture, la sculpture, le tissage, l’installation, la photographie argentique et la céramique, que j’ai investies dans une pratique plastique personnelle, centrée sur un rapport classique à la production matérielle. Ceci avant d’expérimenter un rapport à la création et à la production différent en Master Terrain, centré principalement sur des déplacements, des expériences et des façons de faire ensemble, situées, sur des territoires spécifiques. C’est pour mettre en valeur cette expérience en master – qui a constitué dans mon parcours des moments de bascule – que je montre des photographies à la fois issues de mes archives personnelles et d’archives communes, prises tout au long de ces temps collectifs, qu’il en résulte ou non une production matérielle.
À ces pratiques collectives, s’est entremêlée ma pratique de la céramique, et plus précisément du tour de potier, que j’ai investi comme une pratique de soin et de bien-être pour les sensations que la terre me procure : un moment de respiration, de méditation entre les projets collectifs qui peuvent être aussi enrichissants qu’éprouvants parfois. Et comme les photographies, la production de céramique résultante constitue la trace de mes années à l’école.
Ces façons de faire et d’être ensemble ont mis en lumière mon désir pour les moments de rencontre, de conversation et de transmission que la création permet et m’ont permis de réaliser que l’expérience sur le terrain m’intéresse davantage que la forme plastique résultante. »
Images : Claire Scheibel, DNSEP Design, 2026 /Crédits photo : Mélanie Remaud et Claire Scheibel