Anna Blanc


DNSEP Design, 2025 - 2026


  • Mention

« Ce projet de diplôme raconte un cheminement, physique et intérieur, partant du paysage comme image, territoire et désir de marche, pour arriver progressivement au paysage comme expérience corporelle, temporelle, digestive et matérielle.

Il y est d’abord question de fantasmer le paysage de manière très visuelle, à travers une série de collages mêlant fragments de paysages, de corps, de visages, de plats, d’étoffes. Ces destinations lointaines, jamais visitées mais imaginées, rêvées, parfois clichées, sont des vitrines de paysages, paysages prêts à être consommés.

Il est ensuite question d’éprouver le paysage à travers une itinérance graphique réalisée dans le Lot, où s’invente un dispositif nomade qui permettrait d’imprimer le paysage in situ : en mots, en couleurs, en lumières. Ces  »impressions paysagères » prennent forme sur un long rouleau textile, comme une pellicule photographique défilant au fil des pas.

Après avoir fantasmé et éprouvé le paysage, il s’agit non plus de le représenter, mais de rentrer en contact avec sa matière. Pétrir, cuisiner, malaxer, transformer et se laisser transformer. Le travail plastique est ici réalisé à partir des restes de récoltes faites sur plusieurs années, dans un jardin familial du Pays d’Orthe (Landes). Peaux, écorces, poussières, teintures, poils de kiwis, deviennent surfaces et strates. Les matières sont au bord de l’effritement ou de la fissure, les couleurs varient au fil des jours, le réel et l’imaginaire s’entremêlent.

Ainsi, paysage devenant territoire, territoire devenant terrain, terrain devenant bout de terre, bout de terre devenant labo de tambouille, ramener le paysage à ce qu’il a de comestible est une manière ici non pas de le réduire ou de l’écraser, mais d’éprouver le passage du sublime à l’ordinaire, ou plutôt, de trouver du sublime, dans l’ordinaire, le fragile, l’instable, l’incertain, l’épuisable et dans ce qui ne dépend pas entièrement de nous, mais dont nous dépendons bel et bien.

Enfin, portés par une voix chantée, les mots viennent résonner et mettre en relation ces différents territoires, créant ainsi un paysage sensible, souvenu et à devenir. »


Images prises pendant la soutenance du DNSEP Design de Anna Blanc, 2026 :
1. Itinérance graphique / Crédits photo : Mélanie Remaud
2. Strates (vue d’ensemble) / Crédits photo : Philippe Thaize
3. Strates (vue d’ensemble) / Crédits photo : Mélanie Remaud
4. Fantasmer le paysage, collage / Crédits photo : Mélanie Remaud
5. Paysage décoloré / Crédits photo : Mélanie Remaud
6. Papier de chou rouge / Crédits photo : Anna Blanc
7. Performance chantée, / Crédits photo : Mélanie Remaud
8. Édition « Récoltes » et mémoire « Entre-deux » / Crédits photo : Mélanie Remaud