Stacy Miclet
DNSEP Design, 2024 - 2025
- Mention
« Monde·s Invisibilisé·e·s »
« Mon travail est multidisciplinaire, il est une lutte d’émancipation et de libération, c’est un réenchantement du monde magique et merveilleux. C’est un dialogue avec l’invisible et le vivant, qui, quel qu’iel soit, se tisse dans l’étoffe du monde.
J’invoque un territoire singulier, le Berry, non reconnu comme tel, appelant au soin et à la mémoire. J’aborde un monde où l’on refuse sa visibilité mais non son existence, où ses habitantes sont invisibilisées.
Cette installation immersive est composée in situ avec le vivant et la chaleur de la pièce, invitant à arpenter le sol et à apporter une attention particulière à ce qui s’y trouve. L’énergie invisible circule à partir de la terre jusqu’aux hêtres vivant·es, nous reliant aux autres et nous reconnectant à elle. Les sculptures, non cuites, grouillent au sol et s’entremêlent telles des couches de sédiments. On aperçoit des fissures, des craquèlements, et, déjà un retour à la terre.
J’explore les récits et contes des tisseuses et la réalité historique de ces femmes rurales qui ont été stigmatisées en tant que sorcières. Chaque morceau de tissu raconte l’histoire d’une femme et ensemble, elles racontent une histoire commune. Ici, je tente de donner une voix aux “sans voix”. »
« Composition sonore quadriphonique intitulée Son·terrain·e » / 3.57min (mis en boucle lors du DNSEP) / Stacy Miclet
Textes lus pendant la soutenance du DNSEP Design, issus du mémoire de Stacy Miclet, intitulé «Monde invisible »
Terr·ain·e
Un bout de territoire cabossé de collines,
creusé de chemins capricieux,
morcelé de forêts sombres
et autres recoins mystérieux.
Le paysage offre
un seul et même
spectacle intrigant,
champ recouvert
d’une brume épaisse,
marres évaporeux,
forêts denses,
chemins creux
bordés de talus.
Mirage_
Dans la chute des soleils
Face aux terres abandons
Qui sait si la mer
Hurle ou bien se tait ?
L’eau dense autour de toi
De légères brises
Brouillent les couleurs de l’hier
L’épaisseur de la brume
Couvre les bleus du ciel
Automne_
Sous les soleils d’automne,
les rayons d’or retournent la glèbe.
L’oreille tendue aux lamentations du vent,
fait tomber le feuillage rouge pigelé,
couvrant de couronnes,
les jeunes rêves entrechevés,
sous un ciel bleu pâle de lin fleuri.
Biau_
J’ai grandi en campagne,
connu l‘vert chatoyant des prés,
l’pissenlit fraîchement cueilli,
l’vent soufflant au creux d’ma paume
et l’soleil caressant mon visage.
Crédits photo : Christophe Odon, Vir Andres Hera et Stacy Miclet / Post-traitement : Mélanie Remaud