Charlotte Franco
DNA Art, 2024 - 2025
- Mention
« Ma pratique s’enracine à partir de différents questionnements et recherches qui peuvent aller de doutes sur ce qui serait réel ou non à des réflexions sur les tensions entre le soin et la négligence ou encore sur l’agréable ou le désagréable. Le réemploi d’objets, de matériaux et d’images récoltées, récupérées mais aussi adoptées est au centre de ces interrogations.
Certains termes comme le morphing m’aident à définir ces recherches.
- La détérioration d’une image pour en créer une autre, des objets transformés pour adopter l’apparence de nouveaux – tout cela a pour résultat une espèce de déconstruction du sens par la saturation puis par la détérioration.
Engendrer la détérioration comme création d’une chose autre, la rouille, la saleté,
Enlever pour rajouter,
Quelle est la tension entre le soin et le résultat d’une négligence, d’un abandon ? L’agréable et le désagréable…
Le soin esthétique de Maggie Nelson.
- Je travaille aussi avec le concept de « l’hyper-attention » : comment nous attardons-nous sur les choses ?
Des explorations de textures par plusieurs biais, notamment celui des pixels comme une forme de vie de l’image, comme des cellules qui composeraient un corps,
Rendre une image plate organique par l’exercice d’un point de vue différent, comment décentrer ou remplacer les sens humains ? Une vision toujours filtrée, par un appareil photo / caméra, un scan 3D ou encore l’IA. Au final, ces espaces de capture autre que les yeux humains ont aussi une vision qui transforme la réalité.
- Je cherche à faire deviner ce qui est réel ou non et même à s’interroger sur la définition du réel au fond :
- Je m’attarde sur les petites choses pouvant devenir énormes, comme écouter le son d’un trou :
Comment un espace peut-il prendre vie ?
Enregistrer son battement cardiaque, son souffle en même temps que le nôtre, le charger, le gonfler avec des ondes impalpables, respirer avec ;
Une importance portée à la circulation des fluides dans l’espace, particulièrement à l’air (porte ouverte, un fil qui relie les projets prenant vie avec ce souffle) ;
Un rapport cyclique / rythmique associé à des installations mouvantes souvent en boucle ;
Le sens des objets devient lui aussi fluide et polysémique, iels sont un peu comme des marionnettes dans un décor choisi,
Ce sont des supports pour moi car je les adopte comme des amis, je m’occuperai d’eux, j’en prendrai soin :
Nettoyer, remettre à zéro, enlever pour rajouter, sortir du milieu d’origine pour annuler un sens ;
Protocoles mis en place pour remettre dans un cycle ;
Dans la saturation tout redevient égal, a une même valeur, un état de masse confuse, mais dès qu’une chose est choisie le cycle de sa vie reprend. »
Œuvres vidéo :
Crédits photo : Charlotte Franco, Christophe Odon et Philippe Thaize / Post-traitement : Mélanie Remaud