ESAAA transitions.
Transition et écosophie


À l’ESAAA, la notion de transition s’entend comme un milieu de transformation, un espace de travail où les pratiques artistiques, les savoirs et les modes d’organisation se réagencent en permanence, attentifs à ce qu’un environnement a à dire, à faire voir et entendre.

L’école considère les transitions comme des processus situés : écologiques, sociales, physiques, mentales, technologiques et sensibles. Elles traversent à la fois les contenus pédagogiques, les méthodes d’apprentissage et les relations que l’école entretient avec son milieu et son territoire. Dans ce contexte, la création artistique devient un outil d’enquête et de réflexivité. Elle permet d’observer les mutations du monde contemporain, mais aussi d’expérimenter d’autres manières d’habiter les milieux.

Pour les étudiant·x·es comme pour les enseignant·x·es, les chercheur·x·ses et les autres membres de l’équipe, ces transitions se traduisent par des formes de travail ouvertes : partenariats avec des structures engagées dans les transitions (cogestion de BOZAR – lieu de réemploi avec Bazar Sans Frontières, engagement dans le Pacte pour le Climat du Grand Annecy), développement de projets pour la vie étudiante (cagettes rebelles, paniers repas Crous & Go ), ateliers expérimentaux, recherches collectives, croisements entre art, sciences et pratiques situées. L’école fonctionne alors comme un laboratoire d’attention, où l’on apprend à percevoir les transformations à l’œuvre qu’elles concernent aussi bien les paysages, les techniques, les formes de vie, que des mondes invisibles.

Dans cette perspective, l’ESAAA ne se contente pas d’accompagner les transitions contemporaines. Elle cherche à les mettre à l’épreuve de la création, afin d’imaginer de nouvelles habitudes, des récits et des pratiques capables d’ouvrir d’autres futurs habitables.

L’ESAAA est ainsi désormais engagée dans un projet écosophique.


Pour une écologie sociale et mentale


Les préoccupations relatives aux transitions irriguent les différentes activités de l’ESAAA, du fonctionnement général à la pédagogie et à la recherche. Ainsi, même si elles traversent toutes les options enseignées à l’école, les questions concernant l’écologie et le vivant structurent tout particulièrement l’approche de l’option Design (premier cycle / licence In Vivo et deuxième cycle / Master Terrain). 

La recherche en art telle que pensée à l’ESAAA s’y attache aussi singulièrement, que ce soit dans le cadre d’Ateliers de Recherche et de Création comme l’ARC Jardin de résistance, de programmes ambitieux à l’image d’Effondrement des Alpes ou de projets de création d’un biomédia lab.

Un axe d’attention est celui de l’alimentation et de la vie étudiante.

  • l’alimentation (commandes groupées de paniers repas Crous & Go et de Cagettes Rebelles)
  • l’activité sportive (créneaux réservés aux étudiant·x·es de l’ESAAA au sein du gymnase des Marquisats)
  • le logement
  • la santé mentale (permanences d’un·x·e assistant·x·e social·x·e du Crous)
  • l’inclusion et la lutte contre les différentes formes de violence et de discrimination (conseil VHSSRV), etc.

Pour une écologie environnementale 


La première direction empruntée dans le cadre de la transition environnementale est celle de la gestion des flux de matières (identification, différenciation, tri, etc.). Ainsi, l’ESAAA distingue plusieurs types de matières : 

  • les déchets domestiques (emballages, papier, déchets ménagers, etc.), générés par la fréquentation classique d’un lieu : ils sont triés dans des tri-box conçus et construits par des étudiant·x·es en Design à l’ESAAA, en réponse aux consignes du Grand Annecy
  • les matières-déchets issus de la production artistique des étudiant·x·es de l’ESAAA qui ne peuvent pas être réutilisés dans l’immédiat font l’objet d’un recyclage auprès d’une déchetterie qui valorise le circuit court
  • les matières-ressources sont des matériaux ou objets – souvent eux-mêmes issus de la production artistique – qui ont un potentiel de réemploi au sein de l’école : par exemple, le textile utilisé pour la création d’un costume peut être réemployé ensuite pour la réalisation d’une sculpture. Pour leur donner une seconde vie, l’ESAAA participe à la création et à la gestion de lieux de revalorisation, dans ses locaux et à l’extérieur.

Le réemploi est donc l’un des principes qui guident l’approvisionnement en matière et la production artistique à l’ESAAA. Les étudiant·x·es de l’école peuvent accéder à des matières-ressources revalorisées, grâce à plusieurs dispositifs et lieux dédiés :

  • opérations de récupération dans des déchetteries publiques et professionnelles, grâce à des accords entre l’ESAAA et ces établissements
  • récupération de dons de matériaux suite à des propositions externes (particuliers, structures professionnelles, etc.)
  • la Cocothèque : cet espace interne à l’ESAAA regroupe les matériaux voués au réemploi et / ou au recyclage, issus des productions internes ou encore d’une opération de récupération. Ouvert aux étudiant·x·es en libre accès, il est au croisement de plusieurs notions (« récupérathèque », commun, Co-Mission transition…)
  • BOZAR, lieu de réemploi : fruit d’une collaboration entre l’ESAAA, le Grand Annecy et Bazar sans Frontières, BOZAR a été conçu dans le but de promouvoir l’économie circulaire, à travers le réemploi de matériaux. Établi au sein de l’ancienne station essence située au 3 avenue des 3 Fontaines à Annecy, ce lieu abrite désormais un magasin de matériaux et un espace réservé aux étudiant∙x∙es de l’ESAAA → cliquer ici pour en savoir plus.

Ainsi, l’ESAAA signe l’Accord de Grenoble début 2025. Cette feuille de route est destinée à accompagner les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche dans leur démarche de transition socio-écologique, en tenant compte des enjeux sociaux, environnementaux et territoriaux. Entre autres, l’Accord de Grenoble inclut les objectifs suivants : 

  • réduire l’empreinte écologique
  • favoriser l’inclusion sociale et la diversité
  • renforcer l’enseignement et la recherche en intégrant la transition écologique et solidaire dans les programmes proposés
  • collaborer avec des acteur·x·ices extérieur·x·es (entreprises, associations, collectivités locales) pour renforcer l’impact des actions.

Pour consulter le texte de l’Accord de Grenoble, veuillez cliquer ici.

Par ailleurs, l’ESAAA signe également le Pacte pour le climat du Grand Annecy, dans le cadre de la Biennale du climat 2025.


Images : 1. Jardin de résistance, ESAAA, 2023 – crédits : © Margaux Pinto / 2.Workshop « Poulailler » des étudiant·x·es en 3e année Design (Licence In Vivo) avec l’artiste-designer Nathan Willerval, dans le cadre du cours « La maison Poulaga », mai 2025 – Crédits : Emmanuel Louisgrand // 3. Jardin expérimental des Marquisats, journée DNA Design, 7.06.2019 – Crédits : Emmanuel Louisgrand / 4 et 5. Jardin de résistance, avril 2022 – crédits : ESAAA