Exposition Arc Exhibitionnistes / Centre d’Art de Flaine / IAC Villeurbanne

Exposition Arc Exhibitionnistes / Centre d’Art de Flaine / IAC Villeurbanne

du au

Je déambule dans un pays imaginaire, ou bien dans sa carte postale. On dirait que j’ai mis les pieds dans une image

Vernissage jeudi 18 mai à 16h

Exposition du 18 mai au 31 août 2017

A la suite de « Doux baisers » en décembre 2016, Mots bleus est la deuxième exposition de l’Atelier Recherche et Création « Les Exhibitionnistes » de l’ESAAA avec les œuvres de la collection IAC, Rhône-Alpes, dans le cadre d’un partenariat entre l’ESAAA Ecole Supérieure d’Art de l’Agglomération d’Annecy, le Centre d’art de Flaine et de l’Institut d’Art Contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes.

Cet hiver, elle était déjà là, à Flaine. Je l’ai vue sur une carte postale. Imprimée sur son papier cartonné, elle tenait dans ma poche, m’annonçant son arrivée prochaine, à échelle 1 *. Ainsi, je reviens, bien décidée à entrer dans le décor et rejoindre 6/9 dans son domaine (Bertrand Lavier, 6/9, 1985).

Les œuvres semblent avoir construit leur propre monde ; ici le soleil ne se couche pas, tout y est figé dans un été éternel. Le sol jaune est le sable ; les murs bleus sont le ciel. Je me promène dans ce décor synthétique en suivant le ponton qui me mène jusqu’au bout du simulacre. Je me laisse porter par cette fiction inquiétante même si je n’y crois pas vraiment. Suis-je arrivée dans un studio de cinéma déserté ou dans un jeu vidéo dont je suis le héros ? Je déambule au milieu de cette plage schématique structurée par des éléments d’une architecture fantasque et lacunaire. Je me trouve dans un pays imaginaire, ou bien dans sa carte postale. Je ne sais pas si je suis dans un décor ou dans sa parodie, dans une exposition d’art contemporain ou encore dans sa simulation. La fiction se substitue à la réalité et je commence à me demander si ces œuvres sont authentiques et si les montagnes dehors sont bien réelles. Je pense que les œuvres connaissent mal le monde extérieur pour le parodier de cette façon. Sur leur lieu de villégiature, elles ont laissé des objets extra-terrestres (François Curlet, Trois boules, 2007) qui attestent d’un certain art de vivre futuriste dont nous aurions perdu les mœurs et la fonction (Nathalie Du Pasquier, Courtoises manières, 1983). Comme dans les stations balnéaires, on y croise les toiles d’un peintre de paysage, mais ici, l’artiste fictif semble condamné à répéter une abstraction pixellisée (Ernest T, Boîte n°2, 1988). Autour d’un totem en l’honneur d’une Fête oubliée (Wilfrid Moser, 1968) il flotte un air nostalgique ou le souvenir d’une chanson qui donne le blues à ce ciel sans nuage traversé par un éclair (Jean Marie Krauth, Eclairs, 1979).

 

 

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